Les impressions de Marine - Une nuit aux urgences

Les impressions de MarineUne nuit aux urgences

14.12.2018
  • Les impressions de Marine

    Une nuit aux urgences

Les gardes de 24 heures aux urgences sont une source d’anxiété importante pour les internes. Elles nous permettent de gagner en expérience et en confiance mais nous font aussi prendre quelques rides. Chaque garde nous réserve son lot de surprises et d’émotions.

>18h30 : Début officiel de ma garde (la journée a commencé à 8h30). Le DECT, le portable de l’interne, peut sonner à tout moment. Sa sonnerie me fait sursauter à tous les coups ! Et mon coeur s’emballe avec...

>19h15 : Premier appel de l’interne d’hépatogastro. Il me demande de regarder les résultats de la prise de sang d’une patiente. Ça, je sais faire, mais que ferai-je du résultat ? Je le note sur mon pense-bête.

>20h : Appel du SSR pour une patiente qui a 40 de fièvre. Je commence à stresser. Le senior me dit de ne pas me précipiter à son chevet et de prescrire un bilan infectieux. Ok chef. Les constantes sont bonnes ; je passerai « dès que possible ».
Pendant ce temps, le flux des patients s’accentue aux urgences...

>22h : Une mamie a chuté dans les étages. Rien de cassé à première vue. Mais la procédure veut que l’interne de garde se déplace pour constater l’état de santé. J’y vais en traînant les pieds car je ne suis pas l’aise dans ces grands couloirs vides et glauques ! Après un rapide examen clinique, je confirme que la patiente va bien. Un bon point : elle n’est pas sous anticoagulants.

>23h : J’ai oublié de vérifier les résultats de la patiente d’hépatogastro ! Je découvre effarée une anémie à 6,6 d’hémoglobine. OH MON DIEU. C’est la panique à bord : je cours presque pour aller voir la patiente. Quand j’arrive, elle dort paisiblement. Elle n’est pas en détresse. Elle n’est pas en bon état général mais il n’y pas de critère de gravité de l’anémie. Avec le senior, nous décidons de ne pas la transfuser. Mais je resterai inquiète toute la nuit...

>00h : Les sushis commandés par les (meilleurs) médecins de garde (du monde) sont servis, C’est l’heure d’une toute petite pause bien méritée.
Juste après, je file au SSR voir la patiente qui a de la fièvre. Elle est malheureusement en limitation de soins... Quoi qu'il arrive, le miracle n’aura pas lieu. Je la laisse se reposer et prescris de quoi la soulager.

>2h : Je suture une plaie de la paupière supérieure chez un jeune homme. Il me dit que l’on fait un « métier de ouf » et me remercie pour le bon moment passé malgré tout. Ça me rebooste pour tenir le coup !

>3h30 : La fatigue se fait sentir. Je m’agace de voir des patients qui viennent « pour pas grand-chose ». Je ne supporte pas d'être comme ça mais arrivée une certaine heure, je perds patience. Une pause est necessaire.

>4h20 : J’ai l’occasion d’aller me coucher... mais non : le DECT me réveille. Nouvelle chute d'une personne âgée dans les couloirs. C’est reparti.

>5h30 : Je suis réveillée par une question de dosage d’insuline pour une patiente diabétique. Dans le brouillard, j’arrive à un semblant de réflexion censée que je propose à l’infirmière.

>7h20 : Trop de monde aux urgences, c’est reparti... Une dame de 94  ans mal en point n’arrive plus à respirer. Malgré tous nos efforts, elle décède dans le service alors que sa famille est en route. Coup dur dès le matin. Dans ce cas précis, j’aurais aimé qu’elle puisse avoir sa famille à ses côtés. J’ai l’impression d’avoir été impuissante face à la mort, et je déteste ce sentiment.

>9h15 : Après la relève du service, il est temps de rentrer chez soi après 25 heures passées aux urgences... « Épuisée » est un petit mot pour décrire mon état de fatigue. Pourtant il faudra recommencer dans quelques jours !

Marine Lorphelin entame son internat de médecine générale à Paris. La Miss France 2013 a accepté de livrer ses impressions et de partager les bons et les mauvais moments de sa formation.

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